J’entends beaucoup de gens autour de moi dire « Bouge toi et tu iras mieux » ou encore « C’est dans ta tête, tu dois être plus fort » comme si je pouvais décider d’aller mieux d’une seconde à l’autre. Comme si parce que je l’ai décidé, demain, je vais me lever et pouvoir reprendre une vie normale.

Je suis désolé de briser vos stéréotypes, vos croyances ou vos rêves, mais que ce soit ma dépression, mon anxiété ou mes phobies, je ne choisis pas quand elles sont là. Ce n’est pas une chose sur laquelle j’ai le contrôle en pouvant décider quand elles sont là ou non, quand elles vont frapper et j’ai encore moins choisi de les avoir dans ma vie.

Ce n’est pas un choix.

Parfois, je dis bien parfois, je me sens un peu mieux. Je peux faire des choses normales : sortir de chez moi, passer un long moment à l’extérieur sans être exténué d’être en constante hyper-vigilance ou attaqué par les bruits, la lumière ou les odeurs.

Parfois, j’ai aussi besoin de plusieurs jours pour récupérer d’une journée où je me suis épuisé et shooté aux anxiolytique pour pouvoir fonctionner normalement en endormant mon cerveau pour passer un moment avec des gens sans être frappé par une crise.

Puis, après des mois, je me sens vraiment mieux, je reprends le contrôle. Je me sens en sécurité, à l’aise dans mon environnement puis je pense que j’ai repris le dessus. Je me mets à croire que je suis guéri, que j’ai vaincu et qu’elles ont disparu pour toujours.

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Puis un jour, elles sortent de nulle part devant moi et me remettent au 36ème dessous. Sans crier gare, d’un jour à l’autre, je ne suis plus capable de faire les choses que je faisais. Je ne l’ai pas choisi, et pourtant elles sont là, elles font parties de moi. Seulement, je ne sais pour quelle raison, elles se mettent comme en sommeil pour revenir en force.

Je ne peux pas choisir d’être heureux ou de me relaxer. Je ne peux pas me détendre sur commande, je n’ai malheureusement pas de bouton « stop » ou « pause » et encore moins un bouton « eject ». Je n’ai pas non plus le pouvoir de deviner leurs intensités ou leurs durées. Parfois quelques jours, d’autres fois plusieurs semaines ou encore quelques mois. Elles sont là, et moi je dois m’efforcer de vivre avec en me construisant un quotidien autour d’elles.

Me dire d’aller mieux ou que c’est dans ma tête n’y changera rien. Bien au contraire.

Comme je le disais juste avant, je n’ai malheureusement pas de contrôle là-dessus. Donc me répéter « C’est dans ta tête », « C’est une question de volonté » ou encore « Tu n’as rien à craindre, ce n’est pas fondé tout ça ». Aux dernières nouvelles, c’est dans MA tête que ça se passe, je sais que mes craintes ne sont pas rationnelles mais en instant de crises, elles le sont.

Personne ne peut savoir ce qu’il se passe dans ma tête et dans mon corps au quotidien ou en instant de crise. Je vis presque h24 dans une panique constante et je suis constamment en hyper-vigilance, croyez-vous que c’est une partie de plaisir? C’est une maladie mentale, que vous y croyez ou non. Et vous n’êtes pas en place pour juger ce dont je suis capable ou non.

Sachez que si j’avais le choix, je ne souffrirais pas au quotidien de tout ça, je préférerais avoir une vie comme la vôtre. De pouvoir sortir sans crainte, aller à l’école, avoir un boulot, sortir, voir des gens sans aucun problème.

Vous n’avez pas le droit de juger mon état ou de me donner des conseils.

En ne sachant pas ce qu’une personne comme moi vit, vous n’avez pas le droit d’émettre un avis ou de me donner un conseil pour aller mieux. Vous n’êtes pas médecin ou vous n’êtes pas dans le même état que moi, vous ne savez rien sur ce que c’est de vivre ça au quotidien.

Tout ce que vous faites en faisant ça, c’est me faire me sentir encore plus mal. Ça me fait me sentir comme un incapable, comme un comédien. Vous minimisez ma maladie et ça ne m’aide pas.

Demandez vous : est-ce que je dirais à une personne qui s’est cassé la jambe, d’arrêter sa comédie et de marcher dessus en mordant sur sa chique? Est-ce que je dirais à une personne atteinte d’un cancer qu’elle devrait sourire et aller mieux? Si la réponse est non, alors ne me le dites pas à moi.

Ma maladie ne se voit pas. Et ce n’est pas parce qu’elle est invisible qu’elle n’existe pas. Elle touche toutes les sphères de ma vie et m’handicape au quotidien. Je n’ai besoin de personne pour me blâmer ou me faire me sentir mal, je sais déjà très bien le faire tout seul.

Soyez présent, indulgent et compréhensif.

J’annule parfois des rendez-vous à la dernière minute, ce n’est pas contre vous, c’est juste que jusque la dernière seconde je me suis battu contre moi-même pour essayer d’être là. Et chaque fois que je dois annuler, je suis dans un sentiment d’échec et que vous allez moins m’aimer.

Je ne suis pas présent à des moments importants. Ce n’est pas contre vous, c’est juste qu’à ce moment là, je ne suis pas bien et que je n’ai pas la force d’être là.

Je ne réponds pas toujours à vos messages, ce n’est pas contre vous. Je ne veux juste pas vous embêter avec mes problèmes habituels.

Si vous avez une place dans ma vie, c’est que je vous aime profondément. N’en doutez pas, c’est simplement que mon état ne me permet pas toujours de faire ce que je veux.

Ma maladie est compliquée à vivre pour moi. Compliquée à accepter et à vivre. N’en rajoutez pas, ne me forcez pas à parler quand je ne veux pas, ne me faites pas culpabiliser, je culpabilise assez tout seul.

Comment m’aider?

Envoyez moi de temps en temps un petit message, dites moi que vous êtes là, soyez présents quand je fais appel à vous dans la mesure du possible. Ecoutez moi sans me juger, c’est tout ce que vous pouvez faire.


Merci d’avoir pris le temps de lire ce très long article. Je voulais parler de ce que je vis et peut-être un peu vous instruire sur le quotidien que je mène. Si vous avez une personne comme moi dans votre entourage, peut-être que ceci vous aura aidé.

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